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Archives Mensuelles: novembre 2017

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Dans « Le temps presse. Une contre-histoire environnementale du Canada moderne »(1), un texte remonte la généalogie juridique qui, sur le territoire nord-américain, tient pour responsable le pays pollueur en cas de passage de frontière de la pollution. Aujourd’hui cela nous semble évident, mais il a fallu presqu’un siècle pour établir une juridiction qui va dans ce sens. En tout cas pour le continent nord-américain. Il faudrait investiguer ce qu’il en est du côté européen.

En lisant les quelques pages de l’article, le cas de la mine à ciel ouvert de Tagebau Garzweiler me sautait aux yeux. En Allemagne, les rejets de dioxyde de carbone (CO2), par les centrales électrique à base de charbon, représentent trente pourcents des émissions. Ce qui n’est pas rien. Nous pouvons imaginer sans effort que les gaz toxiques ne stationnent pas sagement au-dessus de l’Allemagne mais sont emportés par la machinerie complexe des courants aériens. Sans doute à quelques centaines de kilomètres de leur lieu d’émission.

Le projet de film Tagebau Garzweiler s’inscrit dans cette prise de conscience singulière, qu’un site industriel peut potentiellement affecter un environnement situé à plus de deux cents kilomètres. En d’autres termes, que le local ne peut pas faire l’impasse du global, qu’il existe une relation dynamique entre les deux pôles.

Dans certains plans filmés du projet Tagebau Garzweiler, on voit une région prospère, en pleine extension, image qui masque la présence silencieuse et invisible des particules de dioxyde de carbone, sulfate de souffre et autres joyeusetés.

Pour soutenir le développement et les recherches du projet Tagebau Garzweiler, rendez-vous sur https://fr.ulule.com/tagebau-garzweiler/!

Merci pour votre soutien!

 

(1) : « Le temps presse. Une contre-histoire environnementale du Canada moderne », sous la direction de Lev Bratishenko et Mirko Zardini, édité par le Centre Canadien d’Architecture et Jap Sam Book, pp.162/163

 

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Autour de la mine, le site ressemble à une zone de guerre, des racines émergent d’une terre retournée, explosée. Les habitants des villages environnants ont le statut administratif de population déplacée. La première fois que j’ai filmé la destruction des dernières maisons, j’ai pu installer librement mon matériel de prise de vue et de captation sonore. Un drone est venu me survoler plusieurs fois. Un mois après lorsque j’ai voulu filmer la destruction totale du village, un vigile en 4X4 blanc est venu me signaler que désormais la zone était interdite.

Le dessin en cours ci-dessus montre ce qu’il reste d’une maison avant sa destruction. Plus loin, à moins de cent mètres sur la droite, on aperçoit les structures métalliques des excavatrices qui tournent inlassablement pour extraire le précieux lignite.

Ce moment d’écriture et de réflexion est primordial pour la réalisation du film en chantier Tagebau Garzweiler. C’est une étape qui d’une manière ou d’une autre conduit au film. Je privilègie la durée et la lenteur pour trouver et chercher les formes justes, à ce titre je ne peux pas promettre que l’objet film Tagebau Garzweiler sera terminé pour une date précise. Ce que je peux écrire, c’est que ce projet est en train de se faire et que tel le dessin publié ci-dessus, des éléments du dispositif  émergent déjà. Je sais par exemple que la veine autobiographique ne sera pas investiguée, mais que l’établissement d’un protocole de prise de vue sera privilégié. Le film de Dietrich Schubert : KÖLN 5 Uhr 30 / 13 Uhr 30 / 21 Uhr 30 (https://www.youtube.com/watch?v=R4c1wD7GQME ) et l’œuvre de James Benning (https://www.youtube.com/results?search_query=james+benning+rr ) seront des balises importantes pour le projet.

Vous pouvez dés à présent soutenir la production de ce projet à long terme sur https://fr.ulule.com/tagebau-garzweiler/. 12 contributeurs m’ont déjà accordé leur confiance et leur soutien, venez les rejoindre!

 

Merci pour votre soutien.

 

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La photographie en noir et blanc posée sur la bibliothèque n’est pas datée, peut-être est-ce le début du XXème siècle. L’homme accoudé sur la gauche est mon arrière-grand-père, il est mineur et communiste. De lui, je garde l’image d’un vieil homme assis dans un fauteuil, il chique et crache de longs jets de tabac noir. Lors de la pause pour cette prise de vue, la révolution russe de 1917 n’a pas encore eu lieu, ou  est-ce la veille du rassemblement sur la perspective Nevsky?

Tagebau Garzweiler est un film en chantier, pour soutenir activement le temps précieux de l’écriture du projet, vous pouvez contribuer sur le site https://fr.ulule.com/tagebau-garzweiler/

Merci pour votre soutien!

J’ai découvert le site de Tagebau Garzweiler à travers un documentaire diffusé sur la chaîne arte, il y a plus de deux ans. Des villageois étaient interviewés, ils devaient quitter le lieu où ils avaient vécu. Une maison du XVIème siècle transmise de génération en génération devait aussi être détruite. Le sous-sol de la région était riche en lignite et rien ne pouvait  empêcher l’extension du site d’extraction.

Je me suis dit que je devais aller filmer cette région. C’est ce que j’ai fait, j’ai pris mon matériel pour le son et l’image, après deux heures d’autoroutes, j’étais au pied de la fosse de 48 km2.

Aujourd’hui, après plus de deux années d’allers et venues sur le site minier, je pense saisir en partie la pulsion qui m’a mené jusque là. Dans le hall d’entrée de la maison familiale de mon enfance, était accrochée une image au pastel, un mineur transportait sur ses épaules une barre de métal. Cela semblait lui peser. Dans le fond de l’image, on pouvait apercevoir des structures métalliques servant à faire descendre les mineurs dans les profondeurs de la mine. C’était une image sombre qui rendait compte du destin funeste des charbonnages et de la dureté du travail accompli par les malheureux qui y perdaient leur vie injustement.

L’image d’un habitant du village, dernier héritier de la vieille bâtisse du XVIème, expliquant que tout le village allait être détruit pour permettre l’extension de la mine a résonné avec l’image du mineur courbé sous le poids de sa tâche. Filmer la mine à ciel ouvert de Tagebau Garzweiler et ses environs, ce serait une façon de mêler une mémoire individuelle à une mémoire collective. À ceci prêt qu’il n’y a plus de mineurs dans la mine à ciel ouvert, seulement des techniciens pour manipuler les machines excavatrices.

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Pour soutenir ce moment d’écriture du projet Tagebau Garzweiler et en devenir producteur au sens collaboratif du terme, vous êtes les bienvenus à cette adresse : https://fr.ulule.com/tagebau-garzweiler/. Vous y trouverez des informations complètes sur les différentes modalités de contributions.

Merci d’avance pour votre soutien actif!